A l'ONU, MM. Obama et Sarkozy invitent les Palestiniens à renoncer à demander la reconnaissance d'un Etat

Associated Press
French President Nicolas Sarkozy, left, meets with Palestinian President Mahmoud Abbas at the Millennium Hotel on 44th Street during the 66th session of the General Assembly in New York on Tuesday, Sept. 20, 2011. (AP Photo/Andrew Burton)
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NATIONS UNIES (AP) — Barack Obama a tenté mercredi de dissuader Mahmoud Abbas de demander la reconnaissance pleine et entière d'un Etat palestinien aux Nations unies, affirmant à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU que la paix au Proche-Orient ne passerait pas "par des déclarations et des résolutions". De son côté, Nicolas Sarkozy a appelé à un "compromis", proposant aux Palestiniens d'accepter un statut d'Etat non membre de l'ONU.

"La paix ne viendra pas de déclarations et de résolutions à l'ONU, si c'était aussi simple, cela aurait été déjà fait", a affirmé le président américain Barack Obama lors de son discours à l'ouverture du débat général de l'Assemblée générale. "Au bout du compte, ce sont les Israéliens et les Palestiniens qui doivent vivre côte à côte. Au bout du compte, ce sont les Israéliens et les Palestiniens, pas nous, qui doivent parvenir à un accord sur les questions qui les divisent."

S'exprimant peu après Barack Obama à la tribune des Nations unies, le président français Nicolas Sarkozy a appelé les acteurs impliqués dans le processus de paix au Proche-Orient à préférer "la solution du compromis à celle du blocage", et a proposé aux Palestiniens d'accepter un statut intermédiaire pour la Palestine.

M. Sarkozy a évoqué un "calendrier précis et ambitieux" pour débloquer le processus de paix: "Un mois pour reprendre les discussions, six mois pour se mettre d'accord sur les frontières et sur la sécurité, un an pour parvenir à un accord définitif." Il a également proposé que la France accueille dès cet automne une conférence des donateurs, appelant Israéliens et Palestiniens au "compromis".

"Pourquoi ne pas envisager pour la Palestine le statut d'Etat observateur aux Nations unies", sur le modèle du Vatican, a-t-il lancé. "Nous redonnerions un espoir aux Palestiniens en marquant des progrès vers le statut final". Il a conclu en appelant à "préférer cette solution du compromis à celle du blocage".

Ce compromis, également souhaité par les Etats-Unis, permettrait de relever le statut des Palestiniens à l'ONU, actuellement "observateur non membre", en leur accordant celui d'"Etat observateur non membre". Ce qui leur permettrait d'adhérer à des agences de l'ONU et à des traités internationaux, y compris celui qui fonde la Cour pénale internationale (CPI).

Contrairement à la demande de reconnaissance d'un Etat palestinien comme Etat membre à part entière de l'ONU, qui doit être approuvée par le Conseil de sécurité, le statut d'Etat observateur serait beaucoup plus facile à obtenir. Il ne nécessiterait en effet qu'un vote à l'Assemblée générale, évitant ainsi tout risque de veto américain.

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas compte annoncer vendredi une demande officielle de reconnaissance d'un Etat palestinien lors de son discours à l'Assemblée générale. Israël et les Etats-Unis sont farouchement opposés à cette initiative, Washington promettant d'user de son droit de veto au Conseil de sécurité pour la bloquer.

Dans le cas où Mahmoud Abbas s'en tiendrait à son projet -la reconnaissance d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967 incluant la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est-, un vote au Conseil de sécurité pourrait ne pas intervenir avant des semaines, voire des mois.

Des manifestations de soutien à la demande de reconnaissance d'un Etat ont réuni mercredi des milliers de Palestiniens dans les villes de Cisjordanie. Selon un nouveau sondage, l'immense majorité des Palestiniens soutiennent l'initiative de M. Abbas.

Barack Obama devait s'entretenir en privé mercredi avec le président palestinien. Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, qui a rencontré M. Obama mercredi, a de son côté estimé que l'initiative palestinienne "ne réussira pas" et s'est félicité de la position américaine sur ce dossier.

La diplomatie américaine a redoublé d'activité pour tenter de pousser les Palestiniens au compromis, sachant qu'un veto des Etats-Unis au Conseil de sécurité risquerait d'attiser les sentiments anti-américains dans le monde arabe.

Par ailleurs, le Quartette pour la paix au Proche-Orient -Etats-Unis, Union européenne, Nations unies et Russie- pourrait proposer un calendrier pour la reprise des négociations de paix, selon des diplomates américains ayant requis l'anonymat. AP

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